Jamil Popatia était conseiller familial reconnu à Vancouver, en Colombie-Britannique, au Canada, lorsqu'il a découvert Communication NonViolente (CNV) en 2015. On lui avait prêté l'ouvrage fondamental « Communication NonViolente: Un langage de vie », écrit par le fondateur de la CNV, Marshall Rosenberg. Jamil l'a lu une première fois, puis une seconde, avant de se lancer dans des recherches plus approfondies. Il est tombé sur une vidéo de Marshall Rosenberg qui l'a profondément marqué. Dans cette vidéo, le fondateur de la CNV parle de ce qui nous pousse à créer des liens avec les autres, et de ce qui les entrave. « Et il a prononcé une phrase qui m'a hanté. Il a dit : "Il n'y a rien que nous désirions plus, en tant qu'êtres humains, que de contribuer au bien-être d'autrui." »
Un début intellectuel
Les paroles de Marshall ont profondément marqué Jamil. Frustré par la polarisation croissante en Amérique du Nord et peiné de constater des divisions « si violemment dirigées contre ceux qui ont un point de vue différent », il s'est inscrit à une formation officielle en Communication Non Violente. Il s'est engagé sur cette voie, selon ses propres termes, pour « corriger les injustices du monde »
Jamil confie qu'à ses débuts en Communication NonViolente (CNV), « c'était très intellectuel pour moi ». Face à la recommandation du Centre pour Communication NonViolente (CNVC) de prévoir trois à cinq ans d'apprentissage, il s'est dit : « Impossible que ça me prenne autant de temps. J'apprends vite et je suis capable d'assimiler rapidement les choses. » « Et j'étais très têtu et centré sur la raison », se souvient-il en riant doucement, ajoutant avec une pointe d'autodérision : « jusqu'à ce que je comprenne que la CNV est bien plus intuitive que ça. C'est beaucoup plus profond. »
Il comprit qu'il ne pouvait pas accélérer ce processus. « Reconnaître les émotions dans toute leur complexité, être capable de le faire pour les autres, apprendre le langage des besoins, ce qui était assez nouveau pour moi, prend du temps. » Son intérêt passa d'un moyen de changer le monde qui l'entourait à un moyen de se transformer lui-même. « Ainsi, Communication NonViolente est pour moi un véritable chemin, non seulement dans notre façon d'interagir avec les autres, mais surtout dans notre façon d'interagir avec nous-mêmes. »
Ainsi, alors que Jamil s'est tourné vers la Communication Non Violente (CNV) pour « corriger les injustices du monde », aujourd'hui, dit-il, la CNV est « bien moins un vecteur de changement social ou de justice sociale qu'un outil de prise de conscience personnelle, et donc de croissance et de développement. C'est ainsi que je pratique la CNV avec mes clients, avec moi-même et avec ma famille. »
Créer des liens malgré les différences
Jamil a grandi sur la côte ouest canadienne, fils d'immigrants. Enfant, écrit-il, « j'ai eu du mal à trouver ma voie, mon identité et mon sentiment d'appartenance ». Il est facile, dit-il, de tomber dans le piège des étiquettes (qu'on soit étiqueté ou qu'on étiquette soi-même) et de se forger, selon les termes de Marshall Rosenberg, des « images d'ennemis » envers ceux qui sont différents de nous. « Et le processus de Communication Non Violente (CNV) lui-même – ce que je ressens, ce dont j'ai besoin – m'a aidé à dépasser ces images d'ennemis et à les dissoudre », poursuit-il avec franchise, « non sans mal. C'était vraiment très difficile. » Nous nous efforçons tant de trouver d'innombrables façons de confirmer à quel point nous avons raison et sommes justifiés.
Aujourd'hui, il accorde une grande importance aux échanges avec des personnes fondamentalement différentes de lui. « Je pense que n'importe qui peut nouer des liens avec des personnes qui partagent ses idées », dit-il. « C'est assez facile. Mais nouer des liens avec des personnes qui semblent totalement différentes de soi, je crois que c'est le don que la Communication Non Violente m'a fait. » Se décrivant comme une personne « passionnée et fougueuse », dotée de fortes valeurs morales, il a également ressenti la pression de renoncer à cette part de lui-même. Grâce à la pratique de la Communication Non Violente, confie-t-il, « j'en suis arrivé à la conclusion que je n'en ai effectivement pas besoin. Que je peux rester fidèle à moi-même tout en créant un lien avec autrui, sans lui imposer ma morale. » Tel est le subtil équilibre entre authenticité et empathie. La répression ne fait que déplacer les symptômes, où ils réapparaîtront inévitablement.
Grâce à ce travail intérieur, Jamil aide les gens à surmonter des fossés apparemment insurmontables liés à des conflits fondamentaux. Selon lui, la Communication Non Violente permet à des personnes très différentes d'établir des liens grâce à un « dialogue respectueux »
Dialogue digne
Selon Jamil, la dignité et le dialogue sont « les deux éléments les plus difficiles à équilibrer dans toute interaction, qu'elle soit avec soi-même ou avec autrui ». La Communication Non Violente (CNV), poursuit-il, offre une connaissance et une pratique approfondies et riches en matière de recherche de la dignité. « Nous sommes forcément différents », dit-il, et nous pouvons néanmoins créer des liens malgré ces différences, « si nous pouvons exprimer ces différences avec dignité et bienveillance, et idéalement avec compassion, une compassion choisie ». Ainsi, dit-il, une connexion humaine peut se nouer, « d'un individu à un autre, d'une âme à une autre »
Jamil sait, par expérience personnelle, combien il est possible de créer des liens malgré les différences. « C'est formidable. C'est tellement formidable. Et c'est pourquoi je ne cesse de dire : “Créer des liens ne signifie pas forcément être d'accord.” »
Le dialogue respectueux et la dignité sont au cœur de sa pratique privée, Dignified Dialogue. Médiateur agréé auprès de Médiation Familiale Canada, il offre des services de consultation, de coaching et de résolution de conflits aux individus, aux couples et aux familles.