Au moment où la Communication Non Violente est entrée dans ma vie, j'étais au bord du désespoir ; je ne voulais plus vivre pour ne plus ressentir la honte, l'épuisement et la tristesse que m'infligeait la rupture de mes relations avec ma fille et mon fils, marquée par des violences verbales et physiques. C'est ainsi que tout a commencé.
J'ai survécu à la journée où j'ai reçu un coup de poing au nez, à la soirée arrosée de vodka et à l'aube d'un séminaire de Communication Non Violente (CNV) imminent. Si je suis encore là, c'est que « je dois le faire », je veux changer quelque chose et on ne peut changer que soi-même, paraît-il. J'ai visionné un nombre incalculable de fois toutes les vidéos en ligne de Marshall Rosenberg . J'ai tout absorbé. Je m'endormais avec la CNV et je me réveillais pratiquement chaque matin avec sa pratique.
J'ai été particulièrement touchée par la simplicité, la clarté et la grande compassion avec lesquelles Marshall Rosenberg et d'autres parlaient de la mort, de la violence et de la dépendance, notamment lors de leurs cours et entretiens. Les enfants décrits dans ces textes, comme le mien, semblaient à la fois si en colère, si durs et si attentionnés, si aimants et si vulnérables, et moi aussi, j'éprouvais ces mêmes sentiments. J'aspirais à la sécurité, à la bienveillance, à la protection, à être portée, à pouvoir accueillir la douleur qui me rongeait, à être comprise et à avoir foi en l'amour et en la vie. Ce cheminement a duré du 18 octobre 2014 jusqu'à aujourd'hui, le 28 novembre 2023, et il se poursuit encore.
Mon plus grand enseignement… La responsabilité personnelle radicale.
Prendre ma vie en main avec bienveillance. Accueillir avec amour mes peurs, mes « erreurs » et mes « occasions manquées », comme une petite plante qui germe et aspire à s'épanouir dans le monde, pleine de joie. Apprendre à connaître ma capacité à ressentir et à accueillir la vulnérabilité, la peur, la tristesse et une joie immense. Prendre conscience de mes ressources.
Dire non et dire oui en sachant que dire oui répond toujours à mes besoins, compte tenu de mes capacités actuelles, à cet instant précis. Demander de l'aide quand je tourne en rond et que je n'arrive plus à progresser en moi-même.
On dit que la foi déplace les montagnes, et je crois qu'on parlait d'amour. La Communication Non Violente (CNV) consiste à adopter une attitude d'amour. Vivre, cultiver et incarner l'amour pour soi-même, pour les autres et pour le monde, et cela déplace des montagnes. C'est ce que j'ai vécu et appris grâce à la CNV, et c'est ce que je tiens à transmettre.