Ranjitha Jeurkar a étudié le journalisme à l'université et a ensuite fait carrière comme reporter, travaillant pour la presse écrite et audiovisuelle dans son bienvenue , l'Inde. Elle se souvient qu'en raison de sa formation, on supposait d'emblée qu'elle serait une bonne communicatrice. Une supposition à laquelle elle adhérait également. « Écoute, se disait-elle, j'ai un diplôme en communication, je suis censée être douée pour ça. »
Communicatrice aguerrie, mais…
En effet, sa formation journalistique la rendait très douée pour raconter des histoires de manière très factuelle. Elle savait interroger une source et creuser les faits pour les besoins d'un article. Mais lorsqu'il s'agissait de ses propres besoins, elle était paralysée. « J'étais censée poser les questions qui fâchent », se souvient-elle. « Et pourtant, quand j'ai dû demander un jour de congé à mon patron… c'était tellement difficile pour moi ! »
Ses années de formation et d'expérience dans la communication, constata-t-elle, « ne m'ont pas beaucoup appris sur la manière de communiquer ce qui se passait en moi ». Sa formation ne l'avait pas préparée à aller plus loin, à se demander : « Comment est-ce que je réagis à ce qui se passe dans le monde, et à ce qui se passe en moi lorsque je vois ce qui se passe dans le monde, ou même ce qui se passe en moi au niveau de ma famille, de mes relations, de ma vie, de ma carrière ? »
C’est donc au cours d’une période très stressante de sa vie professionnelle qu’elle a découvert Communication NonViolente .
Trouver Communication NonViolente
Un jour, le compagnon de Ranjitha est venu la voir et lui a dit : « Il y a un atelier Communication NonViolente à Bangalore. Tu veux y aller ? » Elle s'est immédiatement braquée. « Qu'est-ce que tu veux dire ? J'ai besoin de cours de gestion de la colère ? »
« Non », dit-il, précisant que la CNV était quelque chose qu'il avait l'intention d'explorer, et qu'il ne pouvait pas s'y rendre ces jours-là, alors il voulait que Ranjitha aille se renseigner afin qu'ils puissent apprendre ensemble.
« Alors j'y suis allée », dit-elle. « Et il y avait quelque chose dans Communication NonViolente qui m'a profondément touchée. Je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. » En apprenant à se connaître grâce à la CNV, elle a réalisé qu'elle ne savait pas comment gérer ses émotions. « Surtout des émotions comme la colère », se souvient-elle aujourd'hui avec franchise. « C'était un peu comme être en pilotage automatique. Je me disais : "Oui, oui, tout va bien", jusqu'à ce que la situation dégénère. »
Surmonter les défis de la CNV
Les difficultés de Ranjitha n'ont pas disparu comme par magie après qu'elle a adopté la Communication Non Violente. En réalité, cette pratique s'est intégrée progressivement à sa vie.
À l'époque, se souvient-elle, les possibilités d'apprendre la CNV étaient limitées en Inde, avec seulement une poignée de formateur⋅rices certifié⋅es dans ce vaste pays. Elle a découvert un congrès annuel réunissant formateur-rices et formateur-rices d'Europe, et elle a commencé à y participer. « J'ai vraiment apprécié ce sentiment d'appartenance à une communauté. Un accueil si chaleureux, un espace d'authenticité sans se demander : " Est-ce que j'ai le droit de dire quelque chose ici?" »
La vie ne s'arrête pas lorsqu'on apprend quelque chose de nouveau. Progressivement, elle a trouvé une solution aux difficultés de sa vie professionnelle. « J'ai réalisé que la Communication Non Violente m'a permis d'y voir plus clair et de décider comment agir face à une situation très difficile au travail », explique-t-elle. « Elle m'a donné les mots pour exprimer ce qui se passait et m'a aussi apporté le soutien d'une communauté empathique et bienveillante. Car au travail, lorsqu'on veut dénoncer une situation, on peut très vite se sentir seul. »
Elle a découvert que la Communication Non Violente (CNV) lui offrait une feuille de route pour l'aider à répondre à de nombreuses questions : « Que faire de ces expériences que je vis ? Comment rester pleinement présente ? Comment les vivre pleinement plutôt que de simplement y réagir ? Et que faire ensuite ? Dois-je prendre la parole ? Comment m'exprimer lorsque je le fais ? »
C’est à ce moment-là qu’elle a vraiment eu un sentiment de « Waouh ! ». Elle a réalisé que la CNV l’avait responsabilisée de bien des manières qu’elle n’avait pas pu percevoir.
« Et peu après, je me suis dit : Oui, je veux partager ça avec d’autres personnes. »
Partager par l'expérience
Ranjitha a quitté sa carrière dans les médias pour se consacrer pleinement à la diffusion Communication NonViolente . Elle met à profit l'empathie acquise grâce à ses propres expériences pour créer des espaces d'émancipation, tant sur le plan personnel que professionnel.
Aujourd'hui, formatrice certifiée par le Centre pour Communication NonViolente , Ranjitha partage la Communication NonViolente avec des individus, des groupes et des organisations. Elle met à profit dans son travail son expérience dans le secteur de la communication, sa connaissance de la santé mentale et son expertise acquise au sein d'une association à but non lucratif pour la conception de programmes de santé mentale en milieu professionnel.