Je m'appelle Ranjana, appelez-moi Ranji. Je suis la fille de Lakshmi et d'Ariaratnam, originaires du Sri Lanka. Je suis née et j'ai grandi en Californie, où j'ai fait mes études supérieures. J'ai travaillé pendant des années à l'étranger dans l'aide humanitaire auprès de personnes déplacées par les conflits dans plus de dix pays d'Afrique, d'Europe de l'Est et d'Asie. Aujourd'hui, en plus de partager la Communication Non Violente (CNV), je suis peintre. Je suis profondément reconnaissante et chanceuse de vivre sur l'île de Vancouver, où mon mari et moi accueillons bienvenue ma mère, Ammah (« mère » en tamoul), qui vieillit.
Mon parcours avec la CNV a commencé en 2005, lorsque mon compagnon, David, et moi sommes revenus d'un séjour de plus d'un an en Afrique de l'Ouest, où nous étions en poste comme humanitaires. Nous plaisantons souvent en disant qu'Ammah nous attendait à l'aéroport avec le livre de Marshall, mais je pense qu'elle nous a bienvenue chez elle ! Elle était tellement enthousiaste à propos du livre et voulait que nous le lisions pour pouvoir en discuter avec nous. Ce n'est que quelques années plus tard que David et moi avons approfondi la Communication Non Violente (CNV), prenant le temps de suivre tous les cours et programmes de CNV possibles pendant plus de deux ans, afin d'en apprendre le plus possible et de pouvoir l'appliquer dans notre travail à l'étranger. En tant que travailleurs humanitaires, nous étions de plus en plus désillusionnés par le monde de l'aide. Si cette aide pouvait sauver des vies et répondre aux besoins immédiats, elle ne s'attaquait pas aux causes profondes des conflits auxquels nous étions témoins.
En approfondissant la CNV, j'ai constaté à quel point cette pratique pouvait être transformatrice et j'ai compris qu'elle pouvait contribuer à s'attaquer aux racines qui poussent les gens à recourir à la guerre, et donc à la présence de populations dans des camps de réfugiés. De plus, ou dans le cadre de cette approche, elle peut aider les individus à renforcer leurs ressources intérieures et à élargir leur champ de choix. La CNV offre un paradigme différent de celui qui prévaut aujourd'hui, tant sur la manière de concevoir et d'exercer le pouvoir que sur la façon d'interagir avec ceux qui détiennent le pouvoir structurel. Enfin, son potentiel de guérison contribue également au changement social, car une société saine a besoin de personnes saines.
De plus, il y a des décennies, j'ai commencé ma pratique de la méditation Vipassana. Après avoir approfondi ma connaissance de la Communication Non Vipassana (CNV), j'ai réalisé qu'elle me permettait d'appliquer ce que j'avais reçu en méditation dans mes interactions avec autrui, et j'en suis infiniment reconnaissante. Pour moi, la CNV, à l'instar de ma pratique de la méditation, est une pratique de la présence. Elle m'aide à être pleinement présente à moi-même et aux autres, guidée par la curiosité. Cela me permet d'aborder la vie au-delà de mes conditionnements, de percevoir les interconnexions entre tous les êtres, d'accepter ce qui est et d'accéder au choix d'initier le changement.
Depuis la fin de notre formation approfondie, je continue de partager la Communication Non Violente (CNV) avec des familles, des enseignants, des militants, des écoles, des organismes de services sociaux et des entreprises, à travers des ateliers, des retraites, des médiations et du coaching, depuis 2009. J'intègre des approches profondément guérissantes dans ma propre vie – la CNV, la peinture et l'écriture, les pratiques somatiques et la méditation Vipassana, chacune agissant sur différentes dimensions de notre être – à mon expérience humanitaire auprès de populations souvent opposées en situation de conflit, notamment la gestion d'équipes multiculturelles, ainsi qu'à mes diplômes d'études supérieures en urbanisme et en protection des droits humains. J'accompagne les personnes à trouver des modes de communication respectueux des besoins de chacun et je suis passionnée par la création d'un espace bienveillant pour celles et ceux qui souhaitent guérir – eux-mêmes, les générations futures et le monde.
En tant que femme de couleur, j'apporte mon vécu dans tous les contextes où je me trouve, m'efforçant de donner la parole aux voix marginalisées et de les accueillir chaleureusement. Je continue à œuvrer ainsi dans le cadre de mon travail et de mes partages sur la Communication Non Violente (CNV), contribuant ainsi à diffuser les approches et la conscience de la Communication Bienveillante dans davantage de communautés et de régions où elles sont si cruellement nécessaires. Je souhaite accompagner les personnes dans la co-création consciente du monde auquel nous aspirons – un monde où chacun est vu et entendu, où règne l'attention et le sentiment d'appartenance, et où l'on ressent profondément notre interdépendance les uns avec les autres et avec le monde non humain. Lors de ma certification, mon expérience au sein du groupe GM (Global Majority) de Roxy Manning – avec Alicia, Donna, Edmundo, Jackson, Keiko et Mike – a été une expérience profondément enrichissante.
J'adresse mes plus sincères remerciements à mes premiers enseignants : ma mère, Lakshmi, et son maître spirituel, Yoga Swami ; et, dans le monde de la CNV, Inbal Kashtan, Roxy Manning, Kathy Simon et Miki Kashtan. Tout mon amour et ma gratitude à mon partenaire, David, pour avoir partagé ce chemin avec moi – nous avons suivi ensemble tous les cours, retraites et programmes annuels de CNV (à l'exception de la retraite pour femmes en 2009 !), et je continue d'être profondément reconnaissante de sa présence et de son soutien indéfectible sur cette voie !