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Portrait de Laure Poucet

Laure Poucet

Formateur certifié depuis 2025

Nurse
« Dès l’instant où nous choisissons d’aimer, nous commençons à lutter contre la domination, contre l’oppression. » Tout sur l’amour, Bell Hooks
Parle français
Current Country: France
Pays d'origine : France
"Ce n'est pas tant la compréhension que l'on a de la CNV comme formateurice qui compte que la posture que l'on incarne au quotidien en tant que personne."

Peut-être nous rencontrerons-nous lors d'une formation, d'une réunion de formateurs, ou tout simplement parce que vous êtes curieux de lire ces lignes. Apprendre la Communication Non Violente a changé ma vie, « pour le meilleur et pour le pire »

Quand j'étais petite, je détestais le pouvoir que les adultes exerçaient sur les enfants – en famille, à l'école, dans la rue, au cinéma, chez le médecin… Et maintenant que je suis mère, je me surprends à reproduire des comportements que je m'étais juré de ne plus jamais reproduire. Pour me donner les moyens d'agir différemment avec mon fils, j'ai effectué mon premier stage. Cela m'a permis de me rappeler que les émotions sont la clé de ce qui compte pour moi et de les exprimer de manière à être entendue.

J'ai encore approfondi ma capacité d'écoute envers les autres – ma famille et mes amis, mes collègues, et surtout les élèves que j'accueillais à l'infirmerie scolaire. Avec eux, j'ai mené des actions de prévention et d'éducation à la santé en développant leurs compétences psychosociales. Après 30 ans d'exercice de la passionnante profession d'infirmière, d'abord en soins intensifs pluridisciplinaires puis en santé scolaire, je pourrais écrire un livre regorgeant d'anecdotes illustrant tout ce qui me manquait avant la Communication Non Violente et tout ce qu'elle m'a apporté. La qualité de la présence à soi-même et aux autres, l'écoute empathique, l'attention portée aux besoins mutuels et l'expression authentique ont été autant d'éléments transformateurs.

Ma soif d'apprendre m'a amenée à rencontrer de nombreuses personnes. J'étais parfois fascinée par les formateur⋅rices certifié⋅es que je rencontrais. La découverte que Communication NonViolente (CNV) était un moyen de contribuer à une transformation sociale profonde et à un meilleur partage des ressources a donné tellement de sens à sa transmission que j'ai entrepris une formation pour devenir formatrice en 2020.

En 2021, j'ai réalisé que j'avais subi un manque de respect de mon consentement, des abus et un déni de responsabilité dans une relation – finalement pas si amoureuse – avec un formateur certifié. J'ai également appris que d'autres femmes avaient vécu des expériences similaires, avec ce formateur ou d'autres. Plusieurs d'entre nous ont nommé ce que nous avions subi : des violences psychologiques, sexistes et sexuelles. Cette expérience m'a permis de comprendre l'utilisation et la répétition de certains mécanismes de violence fondés sur des idéologies hiérarchiques, et j'ai pris conscience du caractère systémique de la violence.

Depuis, j'apprends, je questionne, je fais des recherches et je découvre des façons d'enseigner la Communication Non Violente (CNV) qui tiennent compte du racisme, du sexisme, du validisme, du classisme et de la domination des adultes. En nommant les violences sexistes et sexuelles au sein du réseau français de la CNV, j'ai rapidement compris que, comme ailleurs, les actes d'oppression systémique sont possibles car la structure même dans laquelle ils se produisent le permet. J'ai rencontré des personnes qui se sont engagées concrètement à mes côtés et qui m'ont aidée à comprendre ce que signifie être une alliée.

Au sein du réseau CNV en France, j'ai observé et expérimenté les mécanismes de protection systémique : minimisation, déni de responsabilité collective, empathie superficielle qui ignore le contexte, absence d'empathie contextualisée, équivalence des besoins des auteurs et des victimes, surprotection des auteurs, confusion entre conflit et agression, invisibilité, mise au silence et auto-exclusion des victimes pour assurer leur propre sécurité.

Depuis, j'ai continué à apprendre à nommer ces mécanismes universels des rapports de pouvoir et à exprimer les conditions et les limites. J'ai également pris conscience de certains de mes propres angles morts, appris à les reconnaître et à assumer ma responsabilité lorsque je contribue à reproduire ces schémas sociétaux, surtout lorsque je suis en position de privilège. Cela m'a appris l'humilité et m'a permis de comprendre la certification pour ce qu'elle représente à mes yeux : une étape d'un cheminement de toute une vie. Ce n'est pas tant la compréhension de la Communication Non Violente (CNV) par un formateur qui importe, mais l'attitude qu'il adopte au quotidien.

Je souhaite transmettre une communication non violente engagée qui donne aux gens les moyens de se positionner et d'agir concrètement — individuellement et collectivement — pour une véritable prise en compte de nos besoins mutuels.

Langue principale du formateur

Peut-être allons nous nous rencontrer parce que nous participerons à un stage ensemble, ou lors d’une rencontre de formateurice ou juste parce que vous avez la curiosité de lire ces lignes. L’apprentissage de la CNV a changé ma vie « pour le meilleur et pour le pire ».

Petite, je détestais ce rapport de domination que les adultes avaient sur les enfants : dans la famille, à l’école, dans la rue, dans les films, chez le médecin… Et voilà qu’une fois devenue maman, je répétais des attitudes que je m’étais promise de ne pas reproduire. Alors, pour me donner les moyens de faire autrement avec mon fils, je participe à mon premier stage. Cela m’a permis de me rappeler que les émotions sont la porte d’accès à ce qui est important pour moi et l’exprimer d’une façon qui augmente mes chances d’être prise en compte. J’ai renforcé encore plus mes capacités d’écoute des autres : ma famille et mes amis, mes collègues. Et surtout les élèves que j’accueillais dans mon bureau d’infirmière scolaire et auprès desquels je menais des actions de préventions et d’éducation à la santé en développant leurs compétences psychosociales. Avec 30 ans d’exercice du métier passionnant d’infirmière en réanimation polyvalente puis en santé scolaire, je pourrais écrire un livre rempli d’anecdotes qui illustreraient tout ce qui m’a manqué avant la CNV et tout ce qu’elle m’a apporté. La qualité de présence à soi ET à l’autre, l’écoute empathique, l’attention mise sur la prise en compte des besoins mutuels, l’expression authentique…

Ma soif d’apprendre m’a amené à rencontrer de nombreuses personnes. J’ai parfois été « subjuguée » par les formateurices certifiées que j’ai croisé. La découverte que la CNV était un moyen de contribuer à une transformation sociale profonde pour un meilleur partage des ressources donnait un tel sens à sa transmission que je suis entrée sur le parcours de certification pour devenir formatrice en 2020.

En 2021, je réalise que j’ai vécu du non respect de mon consentement, de l’abus et du déni de responsabilité dans une relation, pas si amoureuse que ça finalement, avec un formateur certifié et que c’est aussi le cas d’autres femmes avec ce formateur ou avec d’autres. Nous sommes plusieurs à nommer ce que nous avons vécu : des violences psychiques, sexistes et sexuelles. Cette expérience m’a permis de comprendre l’utilisation et la répétition de certains mécanismes de violences basées sur des idéologies hiérarchisantes et je prends conscience du caractère systémique de la violence. Depuis je m’informe, je questionne, je cherche, j’apprends comment transmettre une CNV prenant en compte le racisme, le sexisme, le validisme, le classisme, …. et la domination adulte. En nommant les violences sexistes et sexuelles dans le réseau CNV français, j’ai très vite compris que, comme ailleurs, les actes d’oppressions systémiques sont rendu possible parce que la structure dans laquelle ils se produisent rend cela possible. J’ai rencontré et été accompagnée par des personnes qui se sont engagées concrètement à mes côtés et m’ont fait vivre la posture d’alliée. Dans le réseau CNV en France j’ai vu et vécu les mécanismes de protection systémique : La minimisation, le déni de responsabilité collective, une empathie de surface qui ne prends pas en compte le contexte des faits, l’absence d’empathie située par rapport au contexte des faits, une mise en équivalence des besoins des auteurs d’actes et des victimes, la surprotection des auteurs, la confusion de traitement entre un conflit et une agression, l’invisibilisation, la silenciation, l’auto-exclusion des victimes pour assurer elle-même leur sécurité …

Depuis, je continue à apprendre à nommer ces mécanismes universels dans les rapports de domination et à exprimer des conditions et des limites. J’ai également vu certains mes propres angles morts, appris à les dire et à en prendre la responsabilité lorsque je contribue à reproduire ces schémas de fonctionnements sociétaux, en particulier lorsque je suis en situation privilégiée. Cela m’a appris l’humilité et à voir la certification pour ce qu’elle représente pour moi : une étape sur un chemin de vie. Ce n’est pas tant la compréhension que l’on a de la CNV comme formateurice qui compte que la posture que l’on incarne au quotidien en tant que personne.

Je souhaite transmettre une CNV engagée et qui redonne le pouvoir de se positionner et d’agir concrètement, individuellement et collectivement, pour une réelle prise en compte de nos besoins mutuels.

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